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Comment garantir la qualité et la sécurité de vos compléments alimentaires ?

Scientifique en blouse blanche examinant un flacon de compléments alimentaires dans un laboratoire pharmaceutique moderne

Un lot de gélules de curcuma retiré après des signalements d’atteintes hépatiques, un complément pour sportifs contaminé par une substance dopante : ces situations surviennent sur le marché français. Garantir la qualité et la sécurité des compléments alimentaires ne se résume pas à cocher des cases réglementaires. On doit comprendre où se situent les vrais points de fragilité, de la sélection des ingrédients jusqu’au suivi après commercialisation.

Ingrédients végétaux et nutrivigilance : les risques concrets à connaître

On associe souvent les plantes à une forme de sécurité naturelle. Les données de nutrivigilance montrent le contraire pour certaines d’entre elles. Le curcuma a été associé à des atteintes hépatiques, la réglisse à un risque d’hypertension, et le millepertuis à des interactions avec certains contraceptifs et anticoagulants.

Ces signalements ne concernent pas des produits frelatés. Ils visent des compléments alimentaires formulés avec des ingrédients autorisés, mais dont les effets dépendent de la dose, de la forme galénique et de l’état de santé du consommateur. Un fabricant qui veut garantir la qualité des produits sur Cydlab intègre ces paramètres dès la phase de formulation, pas une fois le produit en rayon.

La loi française du 10 mai 2024 a d’ailleurs renforcé la protection contre les conseils pseudo-thérapeutiques. Elle sanctionne le fait d’inciter une personne malade à abandonner un traitement au profit de compléments présentés comme des alternatives. Ce texte concerne directement les allégations commerciales trop agressives autour des vitamines et des extraits de plantes.

Homme lisant attentivement l'étiquette nutritionnelle d'un flacon de compléments alimentaires dans sa cuisine

Contrôles avant mise sur le marché : ce que la déclaration ne garantit pas

En France, un fabricant ou importateur doit déclarer son complément alimentaire avant sa commercialisation. On pourrait penser que cette étape filtre les produits à risque. La déclaration ne vaut ni autorisation ni validation de l’efficacité. Elle enregistre l’existence du produit, sans évaluation préalable comparable à celle d’un médicament.

Le contrôle intervient ensuite, par sondage ou sur signalement. Les services de la DGCCRF vérifient la conformité des produits déjà en circulation, pas avant leur arrivée en magasin ou en ligne. Cette logique de surveillance a posteriori place une responsabilité directe sur le fabricant.

Ce que le fabricant doit prouver lui-même

La conformité repose sur plusieurs piliers que le fabricant documente et conserve :

  • La traçabilité complète des ingrédients, depuis le fournisseur de matières premières jusqu’au conditionnement du produit fini
  • Les analyses de conformité sur chaque lot (identification des actifs, recherche de contaminants, vérification des teneurs déclarées sur l’étiquetage)
  • Le respect des listes positives d’ingrédients autorisés, notamment pour les vitamines, minéraux et plantes, avec les formes chimiques et les doses maximales fixées par la réglementation européenne
  • Un étiquetage conforme qui mentionne la composition, les précautions d’emploi, la portion journalière recommandée et l’avertissement que le produit ne remplace pas une alimentation variée

Sans ces éléments, un produit peut se retrouver en rayon tout en présentant des non-conformités que seul un contrôle ultérieur détectera.

Norme NF EN 17444 pour les compléments destinés aux sportifs

Les sportifs soumis à des contrôles antidopage prennent un risque particulier avec les compléments alimentaires. Une contamination croisée en production suffit à provoquer un contrôle positif. La norme européenne NF EN 17444 encadre spécifiquement ce risque, en couvrant la qualification des fournisseurs, la traçabilité et l’analyse du produit fini pour détecter d’éventuelles substances dopantes.

Cette norme a succédé à la NF V94-001. Elle reste volontaire : aucun texte n’oblige un fabricant à s’y conformer. Les retours varient sur ce point, certains laboratoires la considèrent comme un minimum, d’autres la jugent coûteuse à mettre en place pour de petites séries.

Pour un consommateur sportif, la présence de cette certification sur un produit constitue un signal concret. Elle ne garantit pas le risque zéro, mais elle atteste que le fabricant a mis en place un protocole de contrôle ciblé sur les substances interdites par les autorités sportives.

Vue aérienne de compléments alimentaires, certification qualité et ingrédients naturels sur marbre blanc

Étiquetage et allégations santé : lire au-delà du marketing

Les allégations de santé sur un complément alimentaire sont réglementées au niveau européen. Un fabricant ne peut pas écrire ce qu’il veut sur son emballage. Les mentions autorisées figurent dans un registre européen, et toute allégation non validée constitue une infraction.

Sur le terrain, on constate que certaines formulations jouent sur l’ambiguïté. Un produit peut afficher « contribue au fonctionnement normal du système immunitaire » (allégation autorisée pour la vitamine C) tout en laissant entendre, par son nom commercial ou son visuel, qu’il protège contre des pathologies précises. La nuance est fine, mais elle change tout pour le consommateur.

Les points à vérifier sur l’emballage

Avant d’acheter, on peut contrôler plusieurs éléments directement sur l’étiquette :

  • La liste complète des ingrédients, y compris les additifs et excipients (anti-agglomérants, colorants, agents d’enrobage)
  • La mention « complément alimentaire » obligatoire, qui distingue le produit d’un médicament
  • Les coordonnées du responsable de la mise sur le marché, qui permettent de vérifier l’existence réelle de l’entreprise

Un étiquetage complet et transparent reste le premier filtre de qualité accessible sans matériel ni expertise particulière. Quand ces informations manquent ou restent floues, c’est un signal d’alerte, quel que soit le prix ou la réputation de la marque.

La sécurité d’un complément alimentaire se construit à chaque étape : choix des matières premières, maîtrise de la production, analyses de lot, étiquetage rigoureux et surveillance post-commercialisation. Aucune de ces étapes ne compense l’absence d’une autre. C’est cette chaîne complète, et non une simple déclaration administrative, qui distingue un produit fiable d’un produit à risque.

Comment garantir la qualité et la sécurité de vos compléments alimentaires ?